Création théatrale 2026
“Quand la voix s’en mêle…”
THÉÂTRE CONTEMPORAIN – SEULE EN SCÈNE
Texte, mise en scène, jeu : Isabelle Mounier. Durée : 1h20. Tout public à partir de 12 ans.
Synopsis
Lise plutôt timorée répond à une annonce afin de participer à l’élaboration d’un film documentaire, « La voix éclaire et donne vie à un texte écrit ». Elle se prête au jeu d’expériences et d’exercices pendant 18 mois. On assiste à quelques étapes parfois cocasses d’une exploration qui va devenir au gré des semaines, un véritable chemin initiatique. On rit et on s’étonne avec elle dans ses difficultés, ses découvertes et son audace ! On assiste bouche bée à sa transformation, une véritable renaissance.
Que vont-elles découvrir au-delà du film qui concerne directement chaque personne ?
Un parcours enlevé : un moment de théâtre exaltant et original où le burlesque joue avec l’intime. Une « leçon » singulière et qui n’en a pas l’air !
THÉÂTRE ISLE 80
18 place des 3 Pilats – Avignon
Du 4 au 14 juillet à 14h00
(relâche le 7)
Réservation directe : 06 42 69 00 26 ou Isle80@gmail.com
Quoi ? Quand la voix me transforme...
Isabelle Mounier écrit depuis toujours. Elle s’appuie sur une longue expérience de comédienne, direction d’acteurs, formation à la scène, et sur sa propre vie en chemin pour écrire et réaliser cette fausse leçon où nous retrouvons tous les ingrédients du théâtre.
Ce spectacle est un coup porté aux préjugés sur la voix, la lecture, la poésie.
Un spectacle à l’écriture scénique singulière (rythme, texte et choix des extraits, aspect visuel, style burlesque ou intime, aspect cinématographique de l’avancement des scènes). En matière textuelle nous retrouvons des extraits d’une lettre de la correspondance de Violette Leduc et d’Enfance de Nathalie Sarraute, ou d’un poème de Valérie Rouzeau.
« Quand la voix s’en mêle » a fait l’objet d’une résidence d’écriture et de travail scénique au Théâtre Le Fenouillet dans la Drôme.
Est-ce une leçon de théâtre déguisée, une guidance pour davantage de joie de vivre, une démonstration que tout est possible quel que soit notre âge, notre condition sociale, nos idées préconçues?
Comment ?
Entre chaque scène Lise disparait.
9 scènes, 9 tableaux vivants : la comédienne se change entre 20 et 30 secondes dans une loge invisible pour le public.
L’image, dans une fenêtre se met en mouvement (des ciels, des avions, des traces, un mouvement lent, aspect graphique et contrastes de couleurs). Des sons, de la musique proviennent de la pièce sombre.
Une place de choix est donnée au travail d’actrice et à la jubilation d’une écriture vivante et concrète.
C’est l’histoire d’un chemin étonnant de délivrance et de transformation, exaltation du pouvoir émancipateur et joyeux de la créativité à la portée de chaque individu.
Cinq thèmes principaux
- La créativité comme chemin d’évolution, de joie et de partage avec les autres.
- La voix et les textes poétiques comme voie d’ouverture, de connaissance et de tolérance.
- L’estime et la confiance en soi.
- La ténacité et l’enthousiasme dans ce que nous entreprenons.
- La lecture à voix haute comme geste vers soi et vers l’autre.
Lire un extrait : scène 4
— Vous savez que cette Violette était hantée par le mensonge…. littéraire. Son modèle c’était les lettres de Van Gogh « Je le lis et je me mets à le porter tout vivant dans ma chair ».
(Elle répète la citation)
— Oui. Je termine. Pour finir, je dirais.
(Elle joue avec tout son corps mobilisé).
Laisser venir le texte à soi, être dans ce que je dis.
Etre dans les mots et faire avancer le texte, suivre son mouvement.
Respirer le texte profondément.
Prononcer et s’engager avec tout son corps.
Rentrer dans le jeu de l’écriture avec gourmandise.
S’appuyer sur l’écriture, les mots, leur sonorité.
S’appuyer sur le rythme. Oui prendre appui, se laisser conduire par le rythme, oser le rythme, prendre le risque du rythme, voilà.
— Oui c’est la clé pour moi aujourd’hui. Le rythme c’est tout. Dès qu’il y a de la vie, dans la nature, dans notre corps il y a du rythme.
— D’ailleurs avant qu’on fasse la prise, je veux bien reprendre cet exercice de la marche, celui de marcher le texte.
— Vous vous mettez là finalement. Vous filmez ? Vous êtes où ? Je ne me préoccupe pas de vous.
— C’est la lettre du 27 décembre 1953.
(Elle marche)
— « Ce matin je vous ai écrit…… »
(Lecture rythmée mais désincarnée. Elle s’arrête.)
— J’étais dans un tempo mais trop de contrôle. Au lieu de faire le vide, j’ai commencé tendu. Je le sens maintenant. Ca ne pardonne pas. C’était pas vivant. Il manque quelque chose et c’est ce quelque chose qui manque qui est essentiel. Je sais pas ce que c’est, mais je l’entends. Le plus quoi, le piment, le sel, la saveur…plus que le corps…le cœur ?
— J’ai besoin d’imaginer une chose réelle, concrète en dehors du texte.
— Vous vous souvenez du jour du fou rire où vous m’avez demandé de lire à mon compagnon comme si j’étais chez moi dans le salon ou pour une centaine de personnes dans un théâtre ou pour d’une vieille dame dans sa chambre à coucher. Vous vous souvenez ?
— Je crois que si je m’adresse à quelqu’un ma voix sera plus juste, plus intense.
(Elle s’assoit)
— « Cher Jacques … » Non je me lance alors que je suis dans ma tête.
— « Cher Jacques, ce matin je vous ai écrit une très longue lettre en pensée, rapide touffue, spontanée, sans ponctuation » (Elle s’arrête).
— C’est un peu appliqué. Je me sens bonne élève.
— Je vous oublie
(Elle se place de profil).
— Il est là, pas loin, je le vois, je le sens là à côté, devant moi, je lui parle.
— « Je vous l’écrivais pendant que je secouais les carpettes, pendant que je lavais les épinards, oui encore les épinards- pendant que je nettoyais la cuisine ….»
(Elle s’arrête).
— Je m’affole, je joue, j’ai peur de perdre ce que je tiens et je respire mal.
(Elle expire)
— Le trac… ce vieux trac qui revient. C’est depuis qu’on insiste sur lire pour quelqu’un que le trac est revenu. Je l’avais oublié celui là.
— « … Pendant que je nettoyais la cuisine, pourquoi passerai je mes travaux sous silence…) Non là je vais pas y arriver.
(Mouvements respiratoires puis déclenchement d’un fou rire).
(Elle parvient en reprenant la lecture à se calmer. Elle fait une lecture concentrée du passage et s’arrête sur une émotion qu’elle cache).
— Un vertige. Je suis désolée c’est une …nouvelle …sensation.
— J’étais complètement partie et d’un coup un vertige, aucun repère. J’ai eu peur.
— Enfin ? Comment ça ?
— Vous exagérez, c’est pas la première fois.
— Le vertige si, très juste.
— J’aurai pas du m’arrêter.
— Il y a quelque chose d’étrange. C’est comme si j’étais en train d’écrire à ce Jacques. J’étais celle qui écrit, l’auteure. J’étais en train d’écrire la lettre à Jacques.
— Le vertige c’est ça, l’unité. Violette Leduc, Jacques et moi on faisait un. Je faisais corps avec le texte.
— Ca s’entendait ça ?
— Vous croyez que je vais pouvoir le retrouver ?
Contacts et équipe de création
Isabelle Mounier 06 83 05 83 62
(dossiers de création et de compagnie à disposition)
Texte, mise en scène, jeu, scénographie et conception des éclairages : Isabelle Mounier
Administration : Viviane Vendroux, accessoires, décor
Assistante et technicienne vidéo : Aude Cailloux.
Costumes : Marie Denver
Chargée de développement et de communication: Manon Iribarne